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Arémis ASBL - Hospitalisation à domicile

Infirmier en HAD : définition personnelle d’un métier passionnant

Découvrez le métier d’infirmier en hospitalisation à domicile à travers les yeux de Lionel, infirmier chez Arémis. 

Une immersion au cœur de l’HAD. 

Sur n’importe quel site de formation aux soins infirmiers, on trouvera les compétences nécessaires au métier: les techniques de soins, la rigueur, l’organisation, l’autonomie, l’endurance, la gestion des situations difficiles,… Ces compétences sont le socle. Elles s’apprennent à l’école, se développent en travaillant. Vous les avez ? Vous êtes un pro. Vous y rajoutez les compétences de communication, d’écoute du patient et des qualités humaines et relationnelles… et vous êtes un bon pro. Bravo.

Pour fêter ça, on va se goûter ce petit rhum que j’ai ramené de Martinique (Ouh ouh, bien avant le Covid !). Allez, santé ! Il est bon mais… curieusement, pas aussi bon que lorsque j’en prenais un petit verre là-bas, près de la plage. Ce qui a changé ? Le cadre. Et c’est maintenant qu’on parle d’hospitalisation à domicile. Vous prenez toutes vos compétences d’infirmier et vous allez chez le patient.

Peu importe la distance, c’est un autre monde, un autre métier. Du mouvement du patient vers l’hôpital, à celui de l’hôpital à domicile, découlent de profonds changements pour le soignant comme pour le soigné. Chez lui, le patient est dans son univers, rassurant, sécurisé et parfaitement adapté à ses habitudes. Il est en position de force. Il exigera plus facilement. Mais chez lui, le patient nous dévoile aussi immanquablement son intimité, ses faiblesses, sa fragilité. Compte tenu de ces deux facteurs et face à un soignant normalement habité de bienveillance, il n’en résultera qu’un rapprochement inévitable du soignant et du soigné. Une relation authentique.

Lorsque M. Untel vous reçoit, taiseux, fatigué, bougonnant sur votre léger retard et dont même le pyjama arbore des couleurs mornes, la visite commence mal. Puis vous changez de conversation, de manière de voir les choses dès que vous apercevez la collection de posters de dauphins qui couvre tous les murs du salon. Presse-papier et même le Bic sont à l’effigie du mammifère. Vous souriez ? Lui aussi.

Chez lui, c’est petit, chez d’autres c’est grand, propre ou sale, chargé ou minimaliste. Vous êtes à Bruxelles, 184 nationalités recensées. Vivre à Bruxelles, c’est vivre le cosmopolitisme. Entrer dans l’intimité des patients bruxellois, c’est voyager. Milieux sociaux variés, ascendances culturelles innombrables et diversité des structures familiales proposent aux soignants une ouverture sur le monde. L’éventail des facteurs influençant la complaisance du patient est plus large, et son environnement prend une place prépondérante. Aux soignants des les identifier comme freins ou leviers et réinventer pour chacun le meilleur schéma thérapeutique. Il est nécessaire d’intégrer l’entourage et l’environnement dans les soins. Ainsi, l’HAD ne peut que proposer un suivi individualisé, forcément très varié.

Une hospitalisation peut être perçue comme un temps suspendu, un blanc dans la chronologie. Il y aura un avant et un après. Mais la gestion de « l’après » ne peut être constructive qu’en intégrant consciemment ce temps d’hospitalisation. Intervenir à domicile, c’est intégrer dès le départ les soins à la vie quotidienne. Le temps du traitement n’est plus une parenthèse, à vite refermer. Il fait partie intégrante de la vie. L’avant et l’après, bien que différents, forment un continuum. L’impact émotionnel du temps de la maladie est moins brutal, me semble-t-il.

Ainsi, changer le cadre des soins modifie la relation de soin, le schéma thérapeutique et la temporalité du traitement. Ces changements induisent un meilleur équilibre entre intervention extérieure (du soignant) et participation du patient au traitement.

Pour le soignant, l’HAD permet à mon avis aussi de meilleurs équilibres :

  • entre temps au chevet du patient et temps de recul, entre chacun d’entre eux ;
  • entre autonomie et travail d’équipe.

Bien que non développés, ces deux derniers points sont les garants de la qualité des soins prodigués.

Enfin, s’il fallait convaincre de la technicité des soins en HAD, je répondrais que nous sommes en 2021… Vous avez un smartphone dans vos poches, non ? Eh bien, nous y avons aussi des perfusions, des cathéters centraux, des sondes, des drains, des stomies, des aides respiratoires et j’en passe. Chimiothérapies et dialyses se font à la maison.

 

Lionel B, infirmier en hospitalisation à domicile chez Arémis ASBL 

 

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